« L’injustice sociale est une évidence si familière, elle est d’une constitution si robuste,
Qu’elle paraît facilement naturelle à ceux
qui en sont victimes »

                    Marcel Aymé

 

 

 

 

 

 

 

 

  N 'oubliez de signer la pétition pour l 'élevage émanant d 'un collectif d éleveurs http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2013N37242.       Posté le : 13.03.2013...      

> INF# = 170 .
Envoyé le: 03.02.2012.
>INFO :
LA DETTE AMÉRICAINE IMAGÉE.... 
Impeccable pour en comprendre l'énormité.

Tu le reconnais :
voici le billet de 100 dollars.
 
Ce billet est sans doute le plus populaire, le billet préféré dans le monde entier. Ce sont
 ces billets que nous utiliserons pour bâtir les "pyramides" décrites dans cette présentation.
 Et ça, c'est une liasse de 10 milles dollars :
Cette somme permet de passer de bonnes vacances au bord de la mer ou de s'acheter
 une petite voiture d'occasion.
 Et voici 1 million de dollars. Finalement, ce n'est pas aussi impressionnant qu'on pourrait croire, n'est-ce pas ?
 La plupart des habitants de notre planète ne gagneront jamais cette somme de leur vie. C'est peut-être pour cela que l'expression
"Devenir millionnaire" est le rêve de tout petit-bourgeois.
 Passons à 100 millions de dollars :
Comme tu le vois, ce montant tient sur une palette classique facilitant sa manutention. On voit à côté, pour comparaison,
 une liasse de 1 million et une autre de 10 mille dollars.
 ouf ! Nous arrivons au milliard de dollars...
Tu as compris: si tu souhaites faire une casse dans une banque pour t’emparer de 1 milliard de dollars, il te faudra un camion.
Et voici à quoi ressemble 1 trillion de dollars :
 
 Note qu'il s'agit de deux étages de palettes de 100 millions de dollars chacune, soit l'équivalent d'un terrain de foot ou d'un
 Boing-747-400
 (toujours pour comparaison) :

 Nous en sommes maintenant à 15 trillions de dollars :


Comme tu le vois, le Boeing s'est caché derrière cette montagne de dollars, alors que la Statue de la Liberté commence à
 s'inquiéter car ce montant est inférieur à la dette des États-Unis, qui constitue – tiens-toi bien… :
 114.5 trillions de dollars.
 La voici, la dette; elle est à droite sur la photo ci-dessous :


Si tu sautes de cette hauteur sur n'importe quel gratte-ciel américain, tu seras transformé en crêpe. Et si tu sautes sur la Statue de la Liberté, tu risques de passer à côté.
Ces114,5 trillions de dollars, c'est la somme qui manque aux États-Unis pour payer la médecine, les médicaments, les retraites, les frais de Sécurité sociale, la police et toutes sortes de projets militaires que tous les présidents des États-unis adorent.
Or, pour ce procurer cette somme, il n'y a que deux options : soit que le gouvernement imprime ces trillions (!) ou que les habitants des États-Unis sortent l’argent de leurs poches.
"ÉPOUSTOUFLANT" ! 
et pendant ce temps là, les agences de notation AMERICAINES se donnent le droit de donner un jugement sur l'économie européenne !!! 
On croit rêver, non ?

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foot
> INF# = 169 .
Envoyé le: 20.01.2012.
>INFO :

LE CNIEL & LE LAIT.

La problématique des producteurs laitiers français est dans un premier temps lié à leur interprofession laitière, le CNIEL (Centre National Interprofessionnel de l'Economie Laitière).

Le CNIEL avec un budget de 40 millions d'euros principalement financé par les CVO (cotisations volontaires obligatoires, prélevé sur les paies de lait de tous les producteurs de lait français) est l'endroit où toutes les décisions pour la filière laitière française sont prises (fixation du prix du lait/ , promotion des produits laitiers etc..) le pluralisme syndical n'est pas accepté, c'est un organisme de droit privé.

Au CNIEL siège 3 Fédérations,la FNPL (fédération national des producteurs de lait)c'est la branche laitière de la FNSEA qui ne représente que 17% des producteurs laitiers français,la FNIL(fédération nationale des industries laitières) et la FNCL(fédération des coopératives laitières) c'est a dire 2 collèges transformateurs contre 1 collège producteur, déjà le rapport de force est déséquilibré.

C'est un système de cogestion politico-syndical au détriment des producteurs de lait. Comment les coopératives censées défendre et gérer ses adhérents peut-elle le faire en se positionnant du coté des transformateur???
Le CNIEL et l'état accusent en permanence la grande distribution de pratiquer
des prix trop élevé aux consommateurs et d'être responsable de la crise laitière alors qu'un rapport sur les marges a montré que 52% de la marge était réalisé chez les industriels!

Lorsque MR Bruno Le Maire actuellement ministre de l'agriculture français a pris ses fonctions en a partir de juin 2009, il a annoncé que le fonctionnement de la filière laitière française est archaïque, à rénover (prix payé aux producteurs annoncé trop tard par rapport aux livraisons, mauvaise représentativité des producteurs ...) d'où le vote de la LMA (Loi de Modernisation Agricole) voté en juillet 2010 par le sénat et l'assemblé nationale qui sera complété par des décrets où seul le ministre décide du contenu du décret..

Dans la LMA il a été voté la contractualisation laitière pour créer un rapport de force plus favorable des producteurs face aux industriels; obligation aux industriels privés de présenter un contrat au 1er avril 2011 sous peine d'amende, et aux coopératives de modifier leur règlement intérieur avec pour seule approbation celle des conseils d'administration.
Cette contractualisation permet également le
désengagement total de l'état dans l'organisation de la filière laitière.
La LMA devance le paquet lait
et il est prévu qu'après le vote du paquet lait un nouveau décret fin 2011 sur les Organisations de Producteurs(OP) avec les conditions à remplir.

 Les industriels veulent faire signer des contrats
avant que les producteurs s'organisent alors que nous sommes toujours sous le régime des quotas!!!

Les industriels incitent à signer des contrats individuellement puisqu'on n'a pas encore la possibilité de s'organiser juridiquement (exemple Lactalis avait ordonné de signer le contrat qu'elle avait proposé a ces adhérents pour le 30 septembre et à peine 10% ont signé!).

Dans ce système les coopératives sont privilégiées car elles seraient dans le prochain décret reconnu de fait OP .
Elles auraient pu modifier leurs statuts et les soumettre en vote en Assemblé Générale où
tous les adhérents auraient pu s'exprimer et ainsi ne pas les valider mais elles ont révisé leur règlement intérieur avec l'accord du Conseil d'Administration, généralement des administrateurs qui ont du mal a prendre position dans l'intérêt des producteurs .

Dans ces règlements intérieurs il n'y a pas de prix minimum payé aux producteurs pour leurs permettre de vivre de leur métier, d'investir et gérer a long terme et il y a surtout un article qui nous « intègre », pieds et mains liés a l'industriel (obligation d'approvisionnements des intrants de l'exploitation a la coopérative), cela ne nous dérangerais nullement si les coopératives nous payaient correctement notre lait!!
Nous sommes en contrat pendant 5 années et la référence historique de
l'exploitation (quotas) sera cédé en cas de cessation au bon vouloir de l'industriel, aucune démocratie!!!

Les industriels privés ont proposés des contrats unilatéraux (dans leur seul avantage) avec quelques critères suivants particulièrement choquants:

-pas de prix minimum payé aux producteurs.

-gestion des volumes prise en main par l'industriel.

-non cessibilité des contrats, droit d'ingérence.

Dans les 2 cas (coopératives et privés) elles interviennent dans la gestion de nos exploitations (création de société, cession des exploitations)elles appliquent des prix et volume A et B comme en suisse suivant leur débouché et les prix du beurre, poudre de lait ect... voir un prix et volume C à l'avenir.

Les industriels s'autorisent même a ne plus respecter le prix imposé par le CNIEL (prix ne
couvrant déjà pas nos couts de production et rémunération du travail, cf annexe contrat FMB).

Aucune démocratie et dialogue n'a été établi pour la rédaction des contrats ou règlement
intérieur avec les producteurs.
La gestion des volumes est prise en main par les industriels.
On passe d'un système d'une gestion administrative a une gestion contractuelle.
Ce système et l'interpro CNIEL ne convenant pas à la majorité des producteurs de lait français, nous avons créé l'Office du Lait National qui souhaite devenir une véritable organisation interprofessionnelle avec un collège pour tout les acteurs de la filière du producteur au consommateur avec l'état pour arbitre.

Comme nous sommes obligés d'adhérer à une OP, nous devons signer un contrat, d'où le création France MilkBoard (FMB composé de l'APLI ,confédération paysanne et coordination rurale) qui sera le collège producteur de la nouvelle interprofession Office du lait.

Pour essayer de garder la maitrise et le pouvoir le CNIEL (industriels et le FNSEA) mettent en place des OP verticales (1 OP par laiterie, donc par industriel) ce qui laisse les pleins pouvoirs aux industriels: c'est eux qui pilotent et ils ont la garantie de leur approvisionnement en lait. Ce sont les producteurs qui sont en concurrence les uns contre les autres!!!

Ce système existe depuis 20 ans dans la filière porcine (aucune régulation de la production, aucun prix mini payé aux producteurs...) et depuis 2009 en suisse pour la production laitière avec les conséquences désastreuses que l'on observe pour les producteurs.

Seule une OP transversale, indépendante et pluri-représentative (tous les syndicats) peut rétablir un véritable rapport de force des producteurs face aux industriels et pourra permettre une adaptation de l'offre à la demande et ainsi la prise en compte des couts de production, rémunération... (joindre contrat FMB+annexe) dans la fixation du prix du litre de lait, tout ceci ne pourra bien sur fonctionner que sous contrôle d'une agence de régulation européenne tel que le propose l'EMB.

Les suisses sont les premiers à avoir fait les frais de l'abandon des quotas, nous les français nous sommes les deuxièmes à servir de laboratoire, ne recommençons pas les même erreurs que dans la gestion des quotas laitiers (dépassement de quotas par état, normes européennes de la qualités du lait différentes entre état... ) aucune gestion européenne des volumes laitiers, crises du lait à répétition.

Les politiciens (français et européens) et les industriels laitiers mettent en concurrence les
producteurs de lait européens les uns contre les autres; diviser pour mieux régner, pour avoir du lait payé le moins cher possible au producteur pour se positionner avantageusement sur le marché mondial et faire profiter leurs actionnaires (les coopératives ont des SA, Société Anonyme qui font des d'énormes bénéfices et les industriels laitiers privés font parties des plus grandes fortunes
) alors qu'il y a de plus en plus de producteurs en difficultés financières .

Nous nous organisons , nous résistons!
Ne subissons plus le dictat de nos détracteurs et influençons
leur décisions car ils n'auront pas de dynamique laitière européenne à long terme s'ils ne payent pas les producteurs de lait.
Aucune profession, sauf la notre n'accepte de vendre à perte, les prix du lait payé
aux producteurs pour les prochains mois en France annonce déjà la prochaine crise, moins de 300euros tonne: prix de base est annoncé.

Organisons nous avant qu'on nous organise!


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foot
> INF# = 168 .
Envoyé le: 04.01.2012.
>INFO :


Europe Laitière : sortir de l’impasse


Pour sortir l’Europe et l’euro de la crise les experts et les peuples demandent plus de  solidarité et de gouvernance européennes. Mais, en même temps, la Commission poursuit la dérégulation et la privatisation de la filière laitière au profit du marché ! 
Ainsi, l’Europe laitière s’enferme dans une triple impasse:
Impasse socio-économique d’abord : l’Europe a décidé d’abandonner la préférence communautaire et les quotas laitiers. Elle s’aligne sur les règles de l’OMC, espérant renforcer sa place sur un marché mondial de beurre et de poudre, marginal en volume et en valeur. Ce faisant, elle accentue la  volatilité du prix du lait et impose une compétition mortelle pour la majorité des producteurs.Y compris les plus modernisés comme le montre la quasi faillite du modèle danois !
Impasse environnementale et territoriale ensuite. Avec le modèle Holstein- maïs-soja, la PAC a favorisé  la spécialisation, la course au volume de lait minerai, l’agrandissement des troupeaux, ainsi que leur concentration dans les plaines labourables  aux dépens des zones herbagères et des races plus rustiques produisant du lait, de la viande et des produits plus naturels. Tout cela amplifie l’exode rural et le changement climatique, mais aussi la perte de biodiversité et de  savoir-faire, notamment dans les nouveaux pays membres.
Impasse politique  enfin. Le mini-paquet lait  avec la contractualisation proposé par Bruxelles n’est  qu’une modeste copie du modèle suisse de sortie des quotas  dont tout le monde dit que c’est l’exemple à ne pas suivre !  Les Suisses eux même sont en train de revenir à une régulation de la production. Pendant ce temps, les autres grands pays,  Etats-Unis en tête, consolident les soutiens à leurs producteurs, sans se soucier de l’OMC !
 En mettant  tous les pays et toutes les régions  en compétition, en laissant faire le marché aux dépens de la solidarité, l’Union Européenne se condamne à l’impuissance donc à l’explosion.

Pour sortir de cette  impasse et pour préserver une Europe plus vivable  et plus solidaire, il faut opter  clairement pour  la souveraineté alimentaire des 500 millions d’Européens, mais respectant  celle des pays en développement, déjà envahis par nos excédents subventionnés pénalisant leur élevage. Il faut aussi encourager un élevage laitier plus durable, favorisant davantage les prairies et les ressources fourragères locales plutôt que les céréales et tourteaux du marché mondial.
Il n’est pas trop tard pour remettre en cause les choix de la Commission  et de nos ministres  et pour jeter les bases d’une autre politique laitière et rurale. Il faut revenir à une maitrise de la production et à une régulation entre pays et régions  avec un prix du lait basé sur le coût de production réel non masqué par les aides. La stratégie libérale de 2003,  confirmée en 2008, apparait aujourd’hui totalement inadaptée puisqu’elle va amplifier  le chômage des uns et le surendettement des autres, donc enfoncer l’Europe un peu plus dans la crise.


André Pflimlin est l’auteur du livre Europe laitière: Valoriser tous les territoires pour construire l’avenir. Editions France Agricole,  Novembre 2010
De formation agronomique, l’auteur a travaillé à l’Institut de l’Elevage de 1970 à 2009. De  2001 à 2009 il a été coordinateur des projets de Recherche-Développement en Europe, principalement en production laitière. Comme citoyen européen, à présent sans appartenance institutionnelle, il apporte son témoignage d’espérance, à l’encontre des vents dominants.
 


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foot
> INF# = 167 .
Envoyé le: 26.12.2011.
>INFO :

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foot
> INF# = 166 .
Envoyé le: 14.12.2011.
>INFO :
Une analyse très pointue sur la fin des quotas laitiers qui date de janvier 2010 .

Cet article prédisait les décisions européennes d'aujourd'hui, notamment le fait d'aider les surendettés industrialisés qui  contribuent activement à l'élimination de l'agriculture paysanne et familiale respectueuse de l'environnement.: Au Danemark on a diminué les dettes des quelques 2000 producteurs restant de moitié !! ou est l'égalité libérale là dedans !! lisez attentivement ce qui suit tout y est !!

La fin des quotas laitiers



Cet article prédisait les décisions européennes d'aujourd'hui, notamment le fait d'aider les surendettés industrialisés qui ont contribuent activement à l'élimination de l'agriculture paysanne et familiale respectueuse de l'environnement.: Au Danemark on a diminué les dettes des quelques 2000 producteurs restant de moitié !! ou est m'égalité libérale là dedans !! lisez attentivement ce qui suit tout y est !!

La fin des quotas laitiers

article publié le 25/01/2010 auteur : Jacques Cossart



Paul Bonhommeau, juriste membre de la Confédération paysanne analyse ici "la fin des quotas laitiers". Il introduit parfaitement son article ainsi : "La suppression définitive en 2015 des quotas laitiers précédée de leur démantèlement progressif depuis 2003 s’inscrit pleinement dans la politique agricole néolibérale conduite par l’UE et l’ensemble des gouvernements européens depuis 1992. Et cela, au nom de la foi (du charbonnier) dans la capacité autorégulatrice des marchés, dans la mondialisation des échanges et leurs effets a priori bénéfiques pour tous. Et avant même d’arriver à son terme, cette réforme des quotas laitiers débouche sur des désordres « de marché » de grande ampleur et très insécurisants pour les éleveurs, au point que ces derniers ont massivement réagi par l’important mouvement de « grève du lait » conduit au début de l’automne dans plusieurs états-membres pour réclamer le retour à la politique de maîtrise, condition indispensable pour obtenir des prix réguliers et rémunérateurs."

Fin des quotas laitiers La dérégulation au service de l’industrie laitière et de l’intégration croissante des producteurs

La suppression définitive en 2015 des quotas laitiers précédée de leur démantèlement progressif depuis 2003 s’inscrit pleinement dans la politique agricole néolibérale conduite par l’UE et l’ensemble des gouvernements européens depuis 1992. Et cela, au nom de la foi (du charbonnier) dans la capacité autorégulatrice des marchés, dans la mondialisation des échanges et leurs effets à priori bénéfiques pour tous. Et avant même d’arriver à son terme, cette réforme des quotas laitiers débouche sur des désordres « de marché » de grande ampleur et très insécurisant pour les éleveurs, au point que ces derniers ont massivement réagi par l’important mouvement de « grève du lait » conduit au début de l’automne dans plusieurs états-membres pour réclamer le retour à la politique de maîtrise, condition indispensable pour obtenir des prix réguliers et rémunérateurs.

La fin des quotas : d’abord satisfaire aux exigences de l’industrie laitière

En réalité, la fin programmée des quotas n’a pas pour but de répondre aux besoins de ceux au nom desquels elle a été décidée en 2003 (en l’occurrence, les producteurs, les consommateurs, la vitalité des territoires, …), mais de satisfaire les exigences de l’industrie laitière européenne, quels qu’en soient les désordres économiques, sociaux et environnementaux engendrés. Mais cela n’est pas clairement dit. Ni par les élus et les hauts fonctionnaires de l’UE et des états-membres, ni non plus, ce qui est davantage choquant, par de nombreux économistes qui déclinent, chacun à sa manière, les vertus et les bienfaits de la dérégulation des marchés ou bien son processus inéluctable tout en se revendiquant indépendants tant au titre de leur fonction (chercheur, enseignant) que de l’organisme qui les emploie (université, recherche publique), Il y a trois mobiles principaux à l’exigence de l’industrie laitière européenne pour la suppression des quotas laitiers :
 depuis le milieu des années 1990, les groupes laitiers les plus importants des grands pays producteurs de lait considéraient qu’ils avaient d’importants débouchés en toutes sortes de produits laitiers, (notamment beurre, poudre de lait et fromages de masse) sur les pays tiers et en particulier les pays émergents (Chine, Inde, Russie, ...). Mais ces marchés d’exportation sont - conjoncturellement ou structurellement ?-, remis en cause par la crise économique et l’effondrement de la consommation des produits laitiers dans ces pays qui sévit depuis 2008. Avec en plus, pour la Chine, l’impact du scandale de la mélamine intervenu au même moment. I Ce renversement de tendance du marché mondial est-il en mesure de convaincre l’UE – et les industriels laitiers – qu’il ne faut pas abandonner la politique de maîtrise des volumes ?
 il y a un 2ème mobile, spécifique aux pays qui ont choisi « d’organiser » la répartition des quotas entre producteurs par le biais du marché, C’est le cas des pays du nord de l’Europe. Ils constatent amèrement depuis plusieurs années que les prix consentis par leurs éleveurs pour acquérir les droits à produire grèvent exagérément la compétitivité de leur propre filière laitière. C’est ainsi, qu’à l’occasion d’un colloque organisé par l’AFDR (Association française de Droit rural) à Poitiers en 1998, les représentants de ministères de l’agriculture des Pays-Bas et d’Allemagne souhaitaient la fin des quotas en invoquant clairement ce motif. Au lieu de supprimer ou de réguler leur propre marché des quotas, ils exigent la suppression des quotas pour tous. Et si l’UE annonce si longtemps à l’avance la fin des quotas (délai de 12 ans : en 2003 pour 2015, après l’avoir lourdement évoqué en 1999) c’est essentiellement pour permettre aux éleveurs de ces pays, lourdement endettés pour acquérir leur quota, d’amortir sur un temps suffisamment long leur dépréciation d’actif et l’aggravation de leur endettement qui en découle auprès de leur banquier. - il y a enfin un 3ème mobile plus spécifique à l’industrie laitière des Pays-Bas et du Danemark qui est monopolistique : Arla au Danemark contrôle 95 % de la collecte ; une "coopérative" néerlandaise est également en position quasi monopolistique. Cette industrie laitière, ne peut croitre qu’en taillant des croupières aux industriels laitiers des autres Etats membres. Or, la politique des quotas qui à la fois limite la production européenne et répartit des droits à produire relativement stables à chaque état-membre, est un obstacle manifeste à leur ambition. D’où la détermination de ces pays à obtenir la suppression des quotas. En revanche, en France, en Allemagne et dans plusieurs autres pays européens, l’industrie laitière est plutôt « oligopolistique » : il y a donc encore des marges de "restructuration" : quelques gros ont encore quelques petits à absorber ou à éliminer. Ces pays peuvent plus aisément « consentir » au maintien d’une politique publique de maîtrise des volumes. A noter également que dans des pays comme les Pays-Bas et le Danemark, où le foncier est très cher, l’industrie laitière encourage les producteurs dans un système de production de plus en plus intensif et hétéronome ("usines à lait"), nécessitant toujours plus de céréales et de soja importés pour nourrir les vaches et consommant beaucoup d’énergie et autres biens intermédiaires. L’efficacité économique et écologique à moyen terme de ces modèles intensifs et productiviste est plus que douteuse, mais ceci est un autre aspect de la question laitière.

Les exploitations intensives sont les plus sensibles aux variations de prix

L’effet immédiat de cette dérégulation-abandon aux forces du marché, c’est l’énorme variation du prix du lait payé aux producteurs : depuis 2007, près du simple au double. Comme pour la plupart des produits agricoles (effet King) ces variations de prix sont sans rapport ni avec les écarts « offre- demande » des quantités physiques sur les marchés des produits transformés, ni non plus avec les prix à la consommation restés stables depuis le début de la crise. D’où la question, pourtant peu traitée par de nombreux économistes libéraux, de la répartition de la valeur ajoutée au sein de la filière... L’intensification capitalistique des élevages (volume croissant des équipements et installations par unité de travail) et le recours croissant aux consommations intermédiaires (aliments du bétail, engrais, énergie, …) se traduisent pour les éleveurs par des taux et des volumes d’endettement très élevés et, par la baisse de la part de valeur ajoutée affectable à la rémunération de leur travail par rapport au chiffre d’affaires. Les plus endettés sont ainsi les plus sensibles aux variations de prix. C’est une explication importante à ce que la grève laitière ait été massivement suivie parmi les plus gros livreurs. L’extrême sensibilité aux variations de prix l’est à la hausse comme à la baisse, ce qui signifie que chaque crise a pour effet (délibérément recherché ?) d’éliminer les plus fragiles pour faire de la place : la réduction momentanée de la production redonne ensuite de la croissance à ceux qui restent. La décision politique de venir en aide de manière spécifique aux modernisés endettés, outre le caractère discriminatoire de ce type de soutien, n’aurait de sens que si leur modèle de production a toujours de l’avenir, c’est-à-dire qu’il serait à moyen terme vraiment le plus efficace économiquement et socialement face à l’évolution prévisible des coûts de production (énergie, aliments du bétail, engrais, etc.) et face aux contraintes ou enjeux écologiques désormais assignés à l’agriculture (limitation de l’effet de serre, préservation des ressources naturelles, ...). Ce qui a lieu d’être fortement mis en doute : cf.. la brochure de la FNCIVAM, « produire autonome et économe [1] et aussi un récent article collectif de l’Inra publié dans la revue « Fourrages » [2]). Par conséquent, si soutien public il doit y avoir pour aider à passer la crise, celui-ci devrait être conditionné à l’inflexion des élevages vers des systèmes de production plus conformes à l’intérêt collectif. Cette question n’est d’ailleurs pas spécifique à la production laitière.

Une production captive et désormais ouvertement intégrée aux laiteries

Certains économistes cherchent à expliquer la révolte des producteurs de lait par le fait qu’ils ne seraient pas encore mentalement « sortis » de la période des quotas et de la stabilité des prix qu’elle permettait ; et qu’il faudra bien qu’ils s’adaptent aux signaux du marché, comme le font les producteurs de porcs depuis plusieurs décennies. Ce propos est à la fois ignorant et scandaleux. Scandaleux au regard de l’état des lieux de la concentration porcine dans la plupart des régions fortement productrices : blocage des installations, dégâts environnementaux, risques sanitaires et production de masse sans qualité, …, que l’absence de régulation de la production et des marchés a généré dans ce secteur. C’est également ignorer les caractéristiques particulières de la production laitière et de sa « mise en marché ». Cette production n’est pas particulière en raison de l’importance et de la spécificité des investissements ni des délais de mise en production. C’est plus ou le moins le cas dans la plupart des autres filières agricoles, … pour lesquelles les politiques publiques et les agents économiques ont encouragé la spécialisation des exploitations. L’adaptation au marché serait en effet plus réelle pour des exploitations polyvalentes, mais c’est précisément ce que craint l’industrie laitière pour son approvisionnement vis-à-vis d’exploitations en polyculture pouvant aisément abandonner le lait pour faire autre chose ... La production laitière est surtout particulière, comme le soulignent F. Courleux et M S. Dedieu [3], en raison de son rapport particulier au marché. Dans aucun pays occidental il n’existe de mercuriales du prix du lait à la production (sortie de ferme, avant transformation par l’industrie laitière), ni aux USA, ni au Canada, ni, semble-t-il en Australie et en Nouvelle-Zélande. Ni non plus dans aucun pays de l’Union européenne :Eurostat ne publie qu’une "observation des prix du lait" établie selon les déclarations éventuelles des états membres. Les prix du lait à la production sont établis par les laiteries, qui « répercutent » à leur manière la valorisation qu’elles obtiennent sur leurs débouchés. En France depuis plusieurs années, le prix était établi par négociation interprofessionnelle au niveau national, jusqu’à sa dénonciation en 2008 par Bercy pour, soi-disant entente illégale en regard du droit communautaire de la concurrence [4], n’était pas illégal au regard du droit communautaire de la concurrence, puisque les conditions d’un marché du lait à la production n’était pas réunies.. Et que propose-t-on en France pour "remplacer" la politique des quotas et la négociation interprofessionnelle ? Il n’est pas question de mettre en place un marché du "lait sorti de ferme" donnant la possibilité, même illusoire, au producteur de "vendre" d’un jour à l’autre son lait au plus offrant, mais de pousser la contractualisation dirigée par chaque industriel ou coopérative ! Autrement dit, la fin des quotas et la condamnation politique de la négociation interprofessionnelle , c’est le transfert aux industries laitières de la maîtrise de la production à travers celle de leur approvisionnement et de son coût. Tout autant qu’un "marché captif" selon Courleux et Dedieu, c’est d’une production captive qu’il s’agit, puisqu’il n’y a pas de marché ! D’ailleurs, les propositions de contrat qui circulent dans la nature, tant de la part des industriels que des coopératives sont de véritables contrats d’intégration au sens de la loi de 1964 (obligations réciproques de fourniture de biens et de services, soit pour le producteur de livrer le lait et de s’approvisionner en aliments et autres services auprès de la laiterie). C’est ouvertement libellé ainsi dans les contrats proposés par des coopératives (lesquelles, selon une jurisprudence constante, ne craignent pas l’application de cette loi à leurs contrats) et plus subtilement dans ceux proposés par des industriels (lesquels réclament depuis plusieurs décennies la suppression de cette loi française qui vise à protéger, quoique très imparfaitement, le producteur intégré). L’intégration des producteurs de lait à leur laiterie, c’est un peu comme « Mr Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir » : quasiment personne ne la qualifie ainsi, pas même la majorité des producteurs de lait (ce serait réservé, selon certains, aux productions hors-sol, de préférence industrielles !). Mais en formalisant l’action de « grève du lait » [5], les producteurs et, parmi eux, y compris – et peut-être d’abord - ceux idéologiquement promis à devenir des chefs d’entreprise ont repris un mot d’ordre relevant davantage de la tradition salariale que de celle du patronat. Ce qui est loin d’être un hasard de vocabulaire et de mode d’action étant donnée la situation vécue de fait par les producteurs laitiers. Et c’est à la suite de ce mouvement qu’est évoqué un vague cadre national voire européen pour la négociation de ces contrats. Mais sans que soit clairement posée la question des garanties contractuelles minimales que la loi ou le règlement devraient définir et imposer pour protéger le plus faible, en l’occurrence le producteur. Il est surprenant que la plupart des économistes libéraux ne s’intéressent pas à cet aspect de la « question laitière ». Et qu’ils n’aient pas non plus analysé que la théorie d’une concurrence "équitable", libre et non faussée, à laquelle ils adhèrent, ne pouvait pas être appliquée en production laitière ou qu’à tout le moins les conditions n’en n’étaient pas réunies : caractéristiques d’un bien journellement produit, particulièrement instable et périssable et aux critères de qualité complexes liés pour certains à des fabrications spécifiques de leur laiterie ; dissymétrie (indépassable ?) de l’accès à l’information sur l’état du marché du fait de l’écran de la transformation du produit imposé par le partenaire à la « relation commerciale » ; absence de mercuriales ; absence de groupements de l’offre organisés (et organisables ?) un tant soit peu de manière autonome des entreprises de transformation, lesquelles sont en train de se partager les bassins de collecte pour limiter le croisement de leurs camions de ramassage. Considérer que les producteurs de lait doivent apprendre à se comporter comme les producteurs de porcs, c’est ne pas prendre en compte tous ces aspects. D’autant qu’il y a lieu de mettre en doute l’application satisfaisante de cette théorie dans la plupart des productions agricoles. En agriculture, il n’y a guère que les céréaliers, ayant un produit stable, stockable à des coûts acceptables et échangé en l’état jusque sur le marché mondial, qui pourraient se considérer participer à une concurrence plus ou moins libre et non faussée. Ce qui ne les empêche pas eux aussi de subir des variations de prix insupportables par rapport à leurs coûts de production et à la pérennité de leurs investissements, donc à la stabilité et à la sécurité de leur revenu … Ce qui renvoie aux questions de fond sur les finalités et les moyens de toute politique agricole et alimentaire. Paul Bonhommeau Juriste agricole

Notes

[1] « Produire autonome et économe, c’est bon pour l’environnement, l’emploi et le revenu » publié par FNCIVAM en février 2009 »

[2] - Quels systèmes fourragers et quels types de vaches laitières demain ? JL Peyraud et al. ; in revue Fourrages n°197 (2009)

[3] - F. Courleux et M. S. Dedieu : « Les enjeux de la régulation du secteur laitier » ; Analyse prospective n° 11 juillet 2009, édité par le Ministère de l’agriculture de l’alimentation et de la pêche

[4] - Il est plus que vraisemblable que l’accord interprofessionnel à la française, que Bercy a dénoncé sur l’injonction de N. Sarkozy pour selon ses propos « arracher avec ses dents du pouvoir d’achat pour tous les français »

[5] - le vaste mouvement de « grève du lait » observé cet automne dans plusieurs pays européens, rappelle à bien des égards la « grève du lait » qui eut lieu pendant près de 3 semaines en Bretagne ouest en mai 1972.




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Envoyé le: 14.12.2011.
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COÛT DE PRODUCTION
DU LAIT
Des repères pour la gestion de mon atelier
en Nord-Pas-de-Calais-Picardie

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