Mercredi 23 Mai 2018

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La chimie en agriculture favorise t-elle les conflits ?

« Je pense que la destruction du sol va avec la destruction des humains » Paul Bedel

Depuis ses origines, l’agriculture a été diverse. Dans chaque ferme, les paysans cultivaient différentes plantes, des graminées, des légumineuses, des céréales, des crucifères et divers légumes (haricots, pommes de terre, flageolets, petits pois, etc). Il en était de même pour les animaux : vaches, chevaux, moutons, porc, lapins, volailles… se côtoyaient harmonieusement, et c’est sans parler des haies bocagères et fruitières qui fournissaient du bois et des fruits (pommes, poires, prunes, cerises, etc).

Finalement, cette diversité permettait aux familles de paysans de se nourrir sur place, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, d’avoir un revenu assuré sans subir les aléas des cours mondiaux aux variations artificielles et spéculatives, car les sources de revenus étaient diverses. Tout cela fut vrai jusqu’à l’apparition de la chimie en agriculture. Ce qui devait être une révolution finalement vire au cauchemar.

La 1ère guerre mondiale (1914-1918) vit l’efficacité de la chimie, les tranchées avec les nombreux soldats ont payé un lourd tribut. La 2ème guerre mondiale (1939-1945) confirma cette redoutable efficacité.

Étonnement, les ingénieurs chimistes allemands disparurent de la surface du globe sans laisser de traces tandis que, quelques années plus tard, nous vîmes ces mêmes firmes chimiques en plein essor. Après avoir empoisonné soldats et civils pendant les guerres, elles se sont orientées vers un nouveau marché : l’Agriculture. Ainsi, la chimie non contente d’avoir éradiqué des millions d’humains, allait maintenant s’occuper de nourrir l’humanité : quelle farce !

La chimie en agriculture apporta la rationalisation, l’efficacité et la production de masse. Pour ce faire, il fallut « moderniser » l’agriculture , remembrement, arasement de talus séculaires, agrandissement des fermes, construction de bâtiments, mise en place de monocultures, suprématie des semences hybrides et mécanisation. Les banques, les fournisseurs agricoles et les machinistes «carburèrent plein pot ».

Effectivement, les paysans virent leurs productions augmenter dans des proportions inimaginables jusqu’alors, ils virent aussi leur population chuter dramatiquement. En 1954, il y avait 450 000 paysans en Bretagne, en 2018, il n’en reste plus que 30 000 et le déclin doit absolument se poursuivre. Tant que le marché absorba toutes ces quantités produites, tout alla pour le mieux, même s’il fallut faire appel, parfois, à l’argent public pour « sauver les meubles ». Aujourd’hui, la géopolitique a bien changé, nos clients et /ou « poubelles » d’hier sont souvent devenus des concurrents. Eux aussi ont appris à utiliser la chimie, donc à produire en grande quantité la même chose que nous, mais à un coût moindre. Pour autant les famines demeurent, voire s’amplifient.

Un des problèmes de la chimie est la spécialisation. En effet, les fermes d’aujourd’hui se sont spécialisées à l’extrême. Elles ne produisent parfois qu’une espèce d’animaux et une ou deux cultures. Nous voyons bien souvent un atelier hors-sol de porcs ou de volailles avec des céréales. Cette spécialisation est la même partout sur le globe où l’on produit les mêmes denrées en très grande quantité, tellement grande qu’elles sont en surproduction partout . Non seulement, cette spécialisation entraîne un appauvrissement de la diversité de nos assiettes, mais aussi un appauvrissement de la qualité de nos aliments -une pomme de 1950 contenait 100 fois plus de vitamines qu’une pomme d’aujourd’hui- et un appauvrissement des paysans, dont, bien souvent, leur situation se rapproche dangereusement de la clochardisation.

Pour se spécialiser, les paysans se sont lourdement endettés auprès des banques. Pour rembourser les emprunts, ils ont dû produire toujours plus dans l’espoir d’une rentrée d’argent supplémentaire, en faisant cette course aux volumes, les paysans participent activement à la surproduction donc à la chute des prix, c’est la fuite en avant. En fait la spécialisation via la chimie conduit l’agriculture actuelle dans une

impasse. Par l’homogénéisation des productions et par les volumes conséquents, nous mettons les paysans en compétition permanente, pour ne pas dire en guerre permanente ; il faut toujours produire plus pour baisser les coûts de production, donc vendre moins cher que la concurrence. In fine, la production alimentaire de la planète se retrouve en surproduction permanente avec des prix constamment en baisse, et /ou trop faibles. Nous pouvons même affirmer que ces surproductions qui conduisent aux crises sont savamment entretenues par nos dirigeants.

Dans toutes les parties du globe terrestre, nous avons des conflits dus soit à la pauvreté, soit au manque de nourriture, soit aux désastres écologiques qui sont les conséquences de l’orientation de notre agriculture. Il est autorisé d’imaginer une agriculture sans chimie, ce serait la fin de la spécialisation. En quelques années, nous pourrions retrouver une agriculture où chacun pourrait produire son alimentation, sans subir les contrecoups du « marché mondial » puisqu’il n’y aurait plus de marchandisation sur le blé, le lait, la viande, etc… Il est absolument aberrant que le continent américain exporte sur l’Europe de la viande alors que, pendant ce temps, l’ Europe exporte sa viande vers la Chine ou la Russie, afin de trouver un déboucher pour les paysans européens, et cela avec des aides financières de la Commission Européenne.

Par contre, nous pouvons imaginer des échanges entre ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas produire, cela aurait un sens ! Ces échanges seraient bénéfiques pour l’ensemble des populations car ils permettraient de développer un véritable commerce, sans rivalité, et mettraient un terme définitivement à bien des conflits, tout en développant la diversité et en limitant les migrations subies de population.

Une agriculture sans chimie est tout à fait possible, les conséquences ne pouvant être que bénéfiques et exponentielles. Devant le tableau qui s’offre à nous chaque jour, il n’est pas illusoire d’imaginer ce monde-là. Vu l’état de notre quotidien, nous ne prendrions aucun risque, nous ne pouvons qu’aller mieux. Il

est temps d’agir car, avec les accords de libre échange qui se multiplient, l’agriculture chimique à un

boulevard devant elle. Les O.G.M., le brevetage du vivant, la faim, la démographie galopante feront le terreau des misères qui seront exploitées par la chimie.

La réponse à la question posée en titre est très clairement « oui », « oui » la chimie en Agriculture favorise les conflits. La chimie n’est pas une réponse. Nous avons adapté l’Agriculture à la chimie, par la forme de ses champs, en favorisant la mécanisation, par la génétique des plantes et des animaux, en

favorisant les monocultures de maïs et de soja. Aujourd’hui nous continuons d’agrandir nos fermes, on adapte l’agriculture en augmentant le cheptel et les surfaces par paysan en faisant rentrer dans nos fermes l’informatique, la robotique et le digital : l’Agriculture change de dimension mais l’Agriculture ne connaît pas d’évolution. Le rapport avec la terre, avec les animaux avec l’environnement, et surtout avec la société, tout cela est superbement ignoré. Il ne s’agit pas d’un retour en arrière pour nostalgique, non, il s’agit de répondre aux besoins de la population : l’accès à la nourriture pour tous en quantité et en qualité, cela passera par la réintroduction de la diversité dans nos fermes. La diversité est l’une des réponses au réchauffement climatique et aux rééquilibrages économiques, tellement nécessaires. Il y va de notre survie à TOUS.

Il va nous falloir poser les bonnes questions en espérant avoir les bonnes réponses. « Qu’attendons-nous de l’Agriculture » ? sera la première question.

La réponse appartient à chaque citoyen, paysan ou pas.

Christian Hascoët, éleveur à Guengat (29) ; Pierrick Berthou, éleveur à Quimperlé (29) 10 mai 2018

 
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